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Dans cet articles, nous allons examiner les derniers chiffres disponibles concernant l’affiliation en France, nous les décrypterons pour vous, puis nous examinerons les tendances 2016.

Notons d’ores et déjà la rareté des chiffres concernant l’affiliation en France. Le peu d’information que l’on peut trouver émane essentiellement du CPA, le Collectif des Plateformes d’Affiliation, un organisme qui regroupe les acteurs majeurs de l’affiliation en France.

A priori, les parts de l’affiliation comme outil marketing progressent activement au niveau mondial, notamment aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Allemagne, tandis qu’en France et dans le marché francophone en général, on peine à comprendre l’intérêt de recourir à ce type de stratégies et lui préfère, parfois contre toute logique, des méthodes plus classiques.

En exemple, un premier chiffre clé qui résume tout: Durant le premier semestre 2013, pour 1€ investi dans l’affiliation, un marchand a eu un retour sur investissement de 15€.

Plutôt lucratif! Pourtant, l’investissement dans le canal de l’affiliation a connu une baisse depuis 2011.

Est-ce une mauvaise nouvelle pour vous, affiliés francophones?

Pas nécessairement. Elle l’est encore moins pour les marchands avertis qui profitent d’ores et déjà de ce canal fort intéressant.

Tout ce qu’il faut savoir sur l’affiliation en France

1- Les marchands créent de moins en moins de programmes d’affiliation

Voici un graphique montrant le nombre (en milliers) de programmes et de campagnes actifs en France (S1=premier semestre):

Graphique montrant le nombre de campagnes d'affiliation actives en France

Constat:  Depuis 2011, on note une baisse du nombre de programmes et campagnes d’affiliation actifs. tendance qui se confirme d’année en année.

Décryptage des données

  • Les marchands créent moins de programmes et moins de programmes ponctuels: Ils se contentent de plus en plus du programme d’affiliation « officiel » déjà mis en place. C’est certainement moins de travail pour eux, mais un programme qui n’évolue pas, qui ne se réinvente pas, qui ne se segmente pas, via des campagnes limitées dans le temps, sans offres spéciales…devient vite un programme ennuyeux pour les affiliés. Donc, moins d’intérêt de la part des marchands engendre moins d’intérêt et moins d’efforts de promotion de la part des affiliés, et au final, moins de ventes. Moins de ventes décourage les marchands à créer de nouveaux programmes, resserre les budgets… Bienvenu dans le cercle vicieux.
  • Plus de sélectivité de la part des plateformes d’affiliation: Vous, en tant qu’affilié, vous avez sans doute déjà été refusé par une plateforme d’affiliation, car votre site « ne répondait pas à ses critères de sélection ». C’est aussi le cas pour les marchands. Il arrive que des plateformes « snobent » autant les petits marchands et les affiliés débutants pour ne pas altérer l’image de marque de la plateforme (et pour attirer les marques aux porte-feuilles bien garnis). Parfois, il est juste question de droit d’entrée/frais de maintenance trop chers pour les petits marchands qui veulent commencer une campagne. Sur Affilior, ce problème n’existe pas. Que vous soyez marchand ou affilié, l’entrée au club est gratuite (mais bien gardée quand-même 🙂 )

2- Les internautes cliquent de moins en moins sur les liens d’affiliation

Ce graphique montre le nombre de clics (en milliards) sur les liens affiliés :

clics affiliation générés en france

Constat: Moins de clics, moins de visites sur les sites des annonceurs, donc, moins de données utilisateurs à exploiter dans le targeting et retargeting…

Décryptage des données

  • Une bonne partie d’internautes a développé une certaine expérience.  Ils ne cliqunte plus sur n’importe quoi juste pour « aller voir ». Ils explorent, comparent, examinent et deviennent du coup très avare en clics. La multiplication des blogs et sites affiliation qui n’offrent pas véritablement de valeur ajoutée à leur audience participe au fait que l’affiliation de bas niveau est devenue synonyme « d’attrape-nigauds » pour une génération d’internautes/clients de plus en plus prudente.
  • Parfois, sur les sites d’affiliés, soit il n’y pas d’appel à action (CTA, Call To Action) clair et bien mis en évidence, soit il y en a à chaque coin de paragraphe, ce qui alerte le visiteur et le pousse à penser que la raison d’être de ce contenu, c’est essentiellement le pousser à cliquer et à acheter. Quand c’est le cas, n’espérez plus rien de ce visiteur, car même s’il clique sur votre lien d’affiliation, cela ne sera plus pour aller acheter, mais pour confirmer ses doutes et ressentir le plaisir d’avoir eu raison de douter de vous et de vous avoir « démasqué ».
  • La diminution du nombre de clics est aussi due au désir des marchands de recevoir des visiteurs qualifiés (réellement intéressés par l’achat). Aux clics, ils semblent préférer les leads, et c’est ce qu’on verra dans le paragraphe suivant.

3- Le levier Emailing tient bon et continue à progresser

Ce graphique montre l’évolution du nombre de leads (en millions) envoyés par les affiliés sur les listes des annonceurs :

lead generation en France

 

Constat: Pour une fois, ça va! Les listes d’emailing continuent à grossir! La génération de profils opt’in qualifiés (leads) se porte plutôt bien, avec une croissance régulière tous les ans: +14% en 2013.

Décryptage des données

  • Malgré ces chiffres intéressants, l’utilisation par les marchands du canal Emailing était en baisse de -27% entre S1 2012 et S1 2013.
  • Le plus difficile, après avoir acquis l’adresse email d’un client potentiel, c’est de l’intégrer dans un processus d’achat bien étudié. Ok! un client potentiel a donné son adresse email pour pouvoir télécharger gratuitement un guide: Est-ce une raison, pour ne plus rien lui envoyer d’autre que des emails où il est question d’acheter un produit? C’est souvent ainsi que cela se passe, et c’est certainement le meilleur moyen pour dégouter quelqu’un qui s’est inscrit sur une liste ou une newsletter. Quand une Newsletter (Bulletin d’information) ressemble systématiquement à une Salesletter (Page de Vente), tout le processus d’acquisition d’un client devient hasardeux.

4- Les e-marchands investissent un peu moins d’argent dans l’affiliation

Ils continuent néanmoins à générer un chiffre d’affaire intéressant (les chiffres concernent le premier semestre de chaque année)

Budgets investis et CA affiliation en France

 

Constat: entre S1 2012 et S1 2013, on notera la baisse de 11% représentant près de 134 millions € de CA perdu pour les e-marchands, conséquence des baisses conjuguées du nombre de clics/ventes et de la valeur du panier moyen. Néanmoins, l’affiliation continue à avoir un ROI plus qu’intéressant, comme on le verra tout à l’heure.

Décryptage des données

  • Il semblerait que les investissements dans le canal affiliation stagnent un peu ces dernières années. Avec la multiplicité des canaux de publicité, les e-marchands, désireux de rester à la page, sont de plus en plus tentés de réserver une partie de leur investissements à d’autres canaux publicitaires (Cashback/Codes de réduction, programmes de fidélité…).

5- Retour sur investissement pour les e-marchands

Depuis quelques années déjà, l’affiliation rapporte beaucoup d’argent aux e-marchands. Voici un exemple datant du 1er semestre 2013.

revenu sur investissement de l'affiliation française

 

 

Constat: 1€ investi rapporte 15€ en chiffre d’affaires. Malgré des investissements en baisse, l’affiliation continue à rapporter gros aux marchands (et aux affiliés). Voici un exemple de ce que nous gagnions en tant que Superaffiliés).

Dans quels secteurs les e-marchands investissent-ils via l’affiliation?

Ce graphique montre le nombre de programmes d’affiliation en France pour chaque secteur d’activité pour le 1er semestre 2013.

Graphique Nombre de programmes d'affiliation par secteur d'activité

Constat: les secteurs « classiques » continuent de rafler la part du lion en ce qui concerne les programmes et campagnes d’affiliation qui leur sont dédiés. Les donnés concernant le 1er semestre de l’année, il est tout à fait normal que les secteurs « saisonniers » arrivent à faire mieux que les autres durant le 2ème semestre.

Décryptage des données

  • Si, vous affiliés, vous vous intéressez à un secteur particulier, la multiplicité des programmes et campagnes dans ce secteur peut s’avérer très intéressante dans votre cas. Pour une niche de produits donnée, vous pourriez vous inscrire sur un nombre important de plateformes et promouvoir ainsi plusieurs produits, relevant de la même niche, sur un seul de vos sites. En d’autres termes, vous ne serez pas à cours de produits à promouvoir.
  • Pour vous affiliés, gros secteur ne rime pas toujours avec revenus affiliation. Il y a des cas où il y a plus d’argent à se faire dans de petites et moyennes niches. D’après notre expérience, pour un affilié standard (pas une boîte bien rodée), la niche « Santé et Bien-Être » paie très bien.

Combien les e-marchands paient-ils en commissions d’affiliation nettes par canal de diffusion?

Chaque année, les e-marchands reversent des millions en commissions aux affiliés qui leur ont permis d’augmenter leur chiffre d’affaires. Voici un exemple des paiements versés par canal de diffusion (lien affilié sur site web, dans un email, via les réseaux sociaux ou encore Adwords, etc). (Première moitié de 2013).

Commissions nettes versées aux affiliés français par canal de diffusion

Constat: Le canal des codes de réduction et des programmes de fidélité absorbe la plus grosse partie des commissions versées aux affiliés.

Décryptage des données

  • Pour rejoindre l’idée du paragraphe précédent, l’importance des commissions versées via un canal spécifique (ex. Codes réductions), ne signifie pas que chaque affilié recevra un belle somme à la fin du mois. De par la nature de ce canal, présenter un code de réduction n’est pas une tâche spécialement difficile (il faut toutefois avoir du trafic). C’est pour cela que le nombre d’affiliés qui s’intéressent à ce canal vont être nombreux à se partager le gâteau. Au final, ce sont de petites commissions distribuées à un nombre important d’affiliés.

Comment les e-marchands rémunèrent-ils leurs affiliés?

Une campagne d’affiliation peut être basée sur un ou plusieurs modes de rémunération. Voici un petit rappel des modes les plus utilisés:

  • Le CPA/PPS: ou Cost Per Action/Pay Per Sale. On vous paie une commission quand vous envoyez un client au site marchand et que ce client achète un ou plusieurs produits. Votre commission est un pourcentage du montant dépensé par le client. C’est le mode qu’on utilise ici sur Affilior.com et c’est le mode le plus intéressant pour les marchands et pour les affiliés. Avec ce mode, vous pourriez continuer à recevoir des commissions à chaque fois que ce client fait un achat.
  • Le CPC: ou Cost per Click. On vous paie un montant fixe quand l’un de vos visiteurs clique sur votre lien d’affiliation. Ce qu’il fera ensuite sur le site du marchand ne vous concerne pas.
  • Le CPL/PPL: ou Cost Per Lead/Pay Per Lead. On vous paie un montant fixe quand vous envoyez un client sur le site du marchand et que ce client donne ses coordonnées au marchand (en s’inscrivant sur un site/remplissant un formulaire pour télécharger un ebook par exemple).
  • Le CPM: Cost Per Mille. Là, on vous paie un montant fixe pour chaque 1000 affichages sur votre site/support d’un visuel ou bannière d’un annonceur.

Voici donc comment on rémunère le plus souvent les affiliés en France, selon les dernières sources disponibles.

comment les affiliés français sont payés

Constat: Les modes les plus populaires sont le paiement à la vente et au lead. Le paiement au clic n’en demeure pas moins un mode assez utilisé, surtout dans des secteurs particuliers (attirer du trafic, donner de l’exposition à une marque/produit, mais aussi pour vendre).

Affiliation: les prévisions pour 2016

En France, comme c’était il n’y a pas longtemps le cas dans d’autres pays, affiliation rime avec discrétion. Ni les marchands ni les affiliés n’ont trop envie de se faire connaitre ni exposer leurs résultats et intentions au grand public.

Les acteurs de l’affiliation ont souvent le sentiment que si l’internaute venait à comprendre comment l’affiliation marche, il deviendra beaucoup plus réticent à acheter, en pensant par exemple que le test du produit qu’il est en train de lire sur un site est juste un moyen de lui soutirer son argent.

A mon avis, c’est une mentalité à combattre. Forcer la mise en place d’une affiliation transparente finira par rétablir la relation de confiance entre le consommateur, les affiliés et les marchands.

Sur Affilior.com, nous conseillons par exemple à nos membres de garder en vue le côté éthique quand ils élaborent leurs stratégie de promotion de nos produit. Quand c’est bon, dites-le, et quand c’est moins bon, dites-le aussi!

Donc, comme la communication des résultats, et encore moins des intentions et projets futurs, n’est pas vraiment le fort des professionnels du marketing et de l’affiliation en particulier, il est difficile de prévoir quoi que ce soit concernant le marché français/francophone en nous basant sur des sources officielles.

Ceci dit, et ce n’est un secret pour personne, nous pouvons lire le futur du marché français en regardant le passé de marchés plus évolués (Etats-Unis/Angleterre).

Cela fait quelques années déjà que tout ce qui est mobile a le vent en poupe. De là, je ne serai pas étonné de voir une bonne partie des investissements des e-marchands en France aller dans ce sens.

L’internaute français aussi, après des années d’expérience avec les liens affiliés, les arnaques en lignes, les fausses promesses de quelques affiliés et marchands, pourrait devenir (plus qu’il ne l’est encore) assez méfiant et ne cliquera pas sur n’importe quoi.  Le contenu de très haute qualité, la valeur ajouté qu’on lui présentera, la perception qu’il a d’une marque, d’un site web… jouera un rôle déterminant dans le processus.

Clic ou pas clic? Achat ou pas achat? Ce sont les marchands, les affiliés et les plateformes qui vont devoir travailler ensemble pour uniformiser leurs messages/approches et tactiques pour acquérir plus de clients et faire plus de ventes.

Le levier emailing continuera à mon avis à progresser. Espérons seulement que les acteurs de l’affiliation soient assez conscients du véritable rôle d’un email envoyé à un client potentiel: assoir un lien de confiance entre une marque et ses clients. Les ventes suivront toutes seules.

Voilà, j’espère que vous en savez un peu plus sur le panorama affiliation en France. Comme d’habitude, n’hésitez pas à nous poser vos questions, à contribuer à cet article si vous pensez que des informations utiles pourraient y être ajoutées, à nous critiquer… Bref, nous sommes à l’écoute 🙂